Biographie
Faiseur d’images et constructeur de mondes, Caltar crée des décors comme on façonne des fragments de rêve. Son travail explore un univers visuel singulier, nourri par son imaginaire, inspiré du cinéma, de la bande dessinée, et de la télévision des années 80/90, qui a bercé son enfance. Chaque composition est une scène où l’étrange devient familier, où la beauté émerge sans explication. À l’instinct, il assemble, ajuste, éclaire — jusqu’à ce que l’image trouve sa forme. Elle naît, sans discours, mais poussée par une nécessité muette qui cherche à prendre corps.
Né en 1984 à Bordeaux, autodidacte, Caltar a grandi en inventant des mondes. Enfant, il bricolait des maquettes, écrivait des histoires en stop-motion, montait des pièces de théâtre dans le salon familial. Il entame sa vie professionnelle dans l’informatique, mais derrière les écrans, une autre envie demeure, tenace : celle de construire, d’imaginer, de mettre en forme ses univers. Il finit par s’y consacrer pleinement, porté par ce qui l’anime depuis toujours. La photographie devient alors son espace de création, un terrain où bâtir, éclairer, cadrer, et donner forme à son imaginaire — pour rendre visible ce qui cherche simplement à émerger.
Le regard guide son travail. Un regard nourri par une perception sensible, attaché aux détails, souvent en léger décalage avec son environnement, attentif à ce qui échappe à l’œil distrait. Il compose comme on suit une sensation : en observant, en ajustant, en laissant les formes s’équilibrer peu à peu — sans narration préétablie, sans symbolique. Sa manière de percevoir le monde, teintée d’autisme, reflète naturellement ses choix visuels. Il ne cherche pas à illustrer une idée, mais à laisser apparaître ce qui, pour lui, s’impose comme une évidence.
Chaque image naît dans l’atelier. Comme un artisan, Caltar y construit ses décors pièce par pièce, choisit les accessoires, façonne l’éclairage, organise l’espace — jusqu’à ce que chaque élément trouve sa place, et la lumière rencontre ses ombres. Le décor reste en suspens, comme en attente d’une présence. Lorsqu’une modèle y entre, elle incarne un personnage imaginé pour cet espace ; elle lui donne vie et transforme le lieu en scène vivante. L’image finale est le fruit de cette orchestration minutieuse, où chaque détail compte. Hôtel des Moulins en a été la première expression aboutie : une série fondatrice, exposée dans plusieurs festivals, remarquée pour sa maîtrise de la lumière et son atmosphère dense et silencieuse.
Chaque série entrouvre une nouvelle fenêtre sur son univers. Des instants suspendus entre rêve et réalité, baignés de clarté nocturne, enveloppés d’ombres et d’histoires silencieuses. Après Les Lucioles, Chants d’Hespérie, la plus récente, prolonge cette exploration avec des tableaux comme figés dans un songe éveillé, où flottent des gestes doux et des voiles de lumière. Rien n’est là par hasard ; sans mots, tout se raconte sans s'expliquer. De scène en scène, une image à la fois, comme des fragments de mondes intérieurs, Caltar conte les chroniques de son imaginaire.